Le volume d’activité semble stable, bien que les chiffres soient difficiles à obtenir et à analyser. Nous n’observons pas de grandes évolutions. Cependant, contrairement aux effets d’annonces relayés par la presse, il faut comprendre que ce marché est une niche.

Le marché principal d’ANCRAGE est composé d’entreprises d’un minimum de 4/5 salariés avec une transmission hors cadre familial ou interne à l’entreprise. Le volume annuel de ce type de transactions serait compris dans une fourchette de 7 000 à 8 000, ce qui représente en moyenne 75 transactions par département.

L’évolution concerne le profil du cédant et les motivations de la vente. Auparavant, les 3/4 de nos cédants étaient des chefs d’entreprises désireux de prendre leur retraite. Aujourd’hui, sur les 10 dernières transactions seulement 2 étaient motivées par un arrêt d’activité professionnelle du vendeur. Les raisons sont diverses : projet de reprise d’une autre entreprise dans un secteur d’activité différent, changement de région ou de mode de vie, désir de diriger moins de personnel… L’âge médian des cédants est d’un peu plus de 50 ans. Nous attribuons cette évolution tout d’abord au désir de « changement de vie » que s’autorise désormais un chef d’entreprise en suivant l’évolution de plus en plus mobile des salariés. Nous pensons également que le recul progressif de l’âge de la retraite motive certains dirigeants à se lancer dans une nouvelle expérience d’une dizaine d’années entre 50 et 55 ans.

Cette évolution implique des changements notables. Sur le marché se présente une plus grande variété de sociétés à céder avec des approches plus variées. Elle permet d’avoir accès également à des domaines d’activités plus novateurs. À contrario, nous pouvons rencontrer des cédants moins certains de leur envie de vendre et parfois moins conscients de l’existence d’un prix de marché normal et finançable.

Le déséquilibre entre le nombre d’acquéreurs et le nombre de cédants reste identique. Nous constatons globalement davantage de repreneurs que d’entreprises vendables. Nous entendons par vendables une entreprise dont le savoir-faire est réel, le modèle économique est rentable, l’organisation permet le remplacement du dirigeant et le prix est finançable conformément aux ratios bancaires.

Il faut cependant relativiser ce déséquilibre suivant les secteurs d’activités. Les repreneurs sont très nombreux sur des activités peu techniques ou avec un produit propre dont le marketing est contrôlé par l’entreprise. Ils sont également assez présents dans des activités industrielles ou de négoce. L’équilibre entre repreneurs et cédants est davantage respecté pour des sociétés dans le secteur du bâtiment.

La situation géographique de l’entreprise est également un facteur important. L’attractivité naturelle du territoire engendre une concentration de repreneurs. Ces derniers sont également très présents autour de grandes villes dynamiques. Ils ont pu pour la plupart travailler pour des groupes importants autour de ces métropoles. Ils se sont installés dans le secteur, et veulent y rester pour des raisons personnelles : par rapport à la situation professionnelle de leur conjoint, lieu d’étude des enfants…

L’évolution du marché et sa diversité sont passionnantes.
Nous cherchons toujours à nous y adapter.

Posted by:Nicola Cahen